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Ceratochloa sitchensis (Trin.) Cope & Ryves
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Ceratochloa sitchensis (Trin.) Cope & Ryves – Le Brome de Sitka – Le Brome de Californie Tout récemment, recherchant des Eragrostis sur le bord de la Seine au Quai Henri IV à Paris 4ème, je n’ai pas trouvé d’Eragrostis mais j’ai remarqué une grosse touffe d’herbe très verte. J’ai pensé à un Brome, mais lequel à cette saison tardive ? En effet, la panicule a la forme pyramidale de Bromus arvensis mais sans nuances rouges, ni rameaux suffisamment longs, de plus les épillets sont de taille trop importante et de forme différente, la paléole est trop courte comparée à la lemme. En fait, les glumes carénées le rapprochent plutôt d’un Anisantha ou d’un Bromopsis. Selon toutes les Flores, les glumes inférieures des deux genres Bromopsis ou Anisantha, n’ont qu’une seule nervure. Ainsi, le problème se complique car certains épillets n’ont effectivement qu’une nervure mais nombre d’entre eux ont 2 ou 3 nervures ! Cette disposition est ± présente selon les panicules. Quelle espèce proposer ? L’hypothèse Anisantha est rejetée en raison des arêtes de longueur inf. aux lemmes et les nervures multiples de la glume inf. sur beaucoup d’épillets. Si on teste l’hypothèse Bromopsis, seules 4 espèces sont probables en dehors d’un contexte montagnard ou méditerranéen : o B. erecta : éliminé par la forme de la panicule, la grande largeur et la grande longueur des limbes (certains ± 50 cm), l’absence de poils sur les feuilles caulinaires, la couleur vert pomme … o B. inermis : éliminé par la présence d’arêtes sur les glumes. o B. ramosa : éliminé par la taille insuffisante de la plante et des rameaux, l’absence de port penché de la panicule. o B. benekenii : idem B. ramosa. L’hypothèse Bromus ne peut pas être retenue malgré les nervures multiples des glumes inf. des épillets. En effet, les arêtes sont implantées à moins de 1,5 mm de l’extrémité des lemmes ce qui dirige à l’alternative 8’ de Flora Gallica, les gaines caulinaires glabres et les basales lisses avec quelques poils épars renvoient à 11’ qui renvoit à 13 avec : o B. secalinus éliminé par la paléole bien trop courte et la forme des épillets o B. grossus éliminé par les arêtes courtes, moins de 5 nervures à la glume inf. et … il est absent de France ! Donc exit Bromus, Anisantha, Bromopsis ! Cependant nous sommes en présence d’un taxon à allure générale de Brome ! Il ne reste plus que Ceratochloa. Ceratochloa est un genre caractérisé par des nervures multiples sur les glumes, particulièrement la glume inférieure. Ce critère est respecté par de nombreux épillets, mais pas tous ! Est-ce rédhibitoire ? Nous sommes en fin de saison, dans un milieu particulier. Je pense qu’il faut accepter cette divergence et proposer néanmoins Ceratochloa sitchensis (Ceratochloa cathartica, largement présent à Paris, est immédiatement éliminé par la taille insuffisante et la forme des épillets) En faveur de Ceratochloa sitchensis on note la forme générale très feuillue des plantes dans cette station, la grande largeur et la couleur des limbes, les nombreuses innovations particulièrement vigoureuses avec certaines feuilles de ± 50 cm ... la forme et la taille des épillets, la présence de glandes. Il faut aussi tenir compte que nous sommes mi-octobre, sur des repousses de plantes qui ont pu être fauchées, peut-être plusieurs fois par la Ville. Donc les caractères de base de l’espèce ont pu être altérés. Les crues de la Seine sont probablement à l’origine de la touffe du Quai Henri IV. Car il ne faut pas oublier que Ceratochloa sitchensis, en provenance des USA, doit essentiellement sa présence en France à son utilisation fourragère. Plusieurs cultivars proposés par les semenciers sont obtenus sur une base de C. sitchensis, réputé pour ses qualités pour la nutrition animale et son adaptation au froid. On peut aussi penser que ces Bromes cultivés ne sont pas seulement des lignées sélectionnées, mais que des croisements avec d’autres bromes ont pu intervenir. L’hétérogénéité constatée du nombre de nervures pourrait être un simple retour aux caractères des parents sur des exemplaires atypiques de fin de saison ! Mais aussi, peut-être qu’il ne faut pas trop se torturer l’esprit et que Ceratochloa sitchensis peut présenter naturellement des glumes avec un nombre de nervures variable. Le nombre différent de nervures des glumes inférieures sur la même panicule pourrait plaider pour cette dernière hypothèse. Il serait intéressant d’observer un semis de Ceratochloa sitchensis pour comparer le nombre de nervures des glumes inférieures des plantes obtenues, mais à Paris il est très aléatoire d’envisager une récolte de semences. En tout cas, Ceratochloa sitchensis ne semble pas avoir été observé dans Paris depuis 2005 et jusqu’à oct. 2025 aucune observation n’a été signalée en Périgord par l’OBV … ou par le G3P ! Voir Ceratochloa cathartica pour les critères du genre Ceratochloa Flora Gallica sépare C. cathartica de C. sitchensis par la longueur de la paléole : Paléole < 75 % de la lemme : ............................................................................................................................................. Ceratochloa cathartica Paléole ≥ 75 % de la lemme : (83 % sur les exemplaires du Quai Henri IV) : .......................................... Ceratochloa sitchensis